Definition du terroir de Champagne

 

Definition du terroir

 

de Champagne

 

 

Savez-vous ce qu’est un « terroir » ? Vous en entendez sans doute parler sans peut-être être sûr de ce que ce terme signifie ?

Le terroir est une rencontre, celle d’un sol et un sous-sol, de conditions climatiques spécifiques (pluie, vent, températures, exposition…) et de la main de l’Homme dans une zone géographique délimitée.

L’INAO définit le « terroir » de la sorte : « le terroir est un espace géographique délimité, dans lequel une communauté humaine, construit au cours de son histoire un savoir collectif de production, fondé sur un système d’interactions entre un milieu physique et biologique, et un ensemble de facteurs humains. Les itinéraires sociotechniques ainsi mis en jeu, révèlent une originalité, confèrent une typicité et aboutissent à une réputation, pour un bien originaire de cet espace géographique. »

 

Zoom sur le terroir champenois :

Le sous-sol de Champagne :

La particularité du sous-sol champenois ? Un calcaire très ancien et unique, dû à une mer tropicale présente il y a 65 millions d’années. En se retirant, cette dernière a laissé dans son sillage des sédiments marins qui se sont transformés avec le temps. On parle à dessein pour les vins de Champagne de « minéralité » et de « salinité », conférées par la craie.

A noter que plus cette craie sera profonde plus les racines de la vignes devront être concurrencées au niveau du sol (par de l’herbe par exemple) pour que ces dernières n’aient d’autre choix que d’aller au plus profond dans sa quête d’eau, et donc de minéraux.

 

Le climat de Champagne :

La fraîcheur des vins de Champagne ne provient pas uniquement du sous-sol mais également du « sur-sol » soit du climat.

Dans cette région, deux climats s’affrontent : continental et océanique. Saviez-vous que le vignoble champenois est le vignoble français le plus septentrional ? Et donc le plus froid. A même de préserver la fraîcheur des raisins, et la finesse des futurs vins. Avec un taux de pluviométrie important (le plus fort des vignobles français) et son ensoleillement concentré l’été le risque de sur-maturité du raisin est assez faible.

La nature étant bien faite, la craie située dans le sous-sol du vignoble champenois, avec son importante porosité, permet une parfaite irrigation de la vigne : essentielle pour absorber le trop plein d’eau et parfait pour lui redonner ce dont elle a besoin lors d’étés trop secs par capillarité.

La région Champagne est une région fortement vallonnée, ses vignobles sont plantés en « coteaux » avec un taux d’inclination pouvant aller jusqu’à 59%. Idéal donc pour ne pas laisser la pluie stagner, idéal également pour que l’exposition au soleil sud-sud-est des vignobles ne chauffe qu’une partie des raisins (pour préserver cette fraicheur constamment recherchée)

 

Les Hommes de Champagne :

Enfin, l’intervention de l’homme et de son savoir-faire est primordiale en région Champagne (à la différence de la Bourgogne par exemple).

Avec un cahier des charges très strict pour les trois appellations (AOC Champagne, AOC Coteaux champenois et AOC Rosé des Riceys), tout est mis en œuvre pour respecter mais aussi sublimer la vigne.

Du choix des cépages à la vendange manuelle en passant par des étapes déterminantes telles que l’assemblage ou le dosage, l’Homme intervient à chaque étape.

Ce climat humide si difficile et propice au développement des maladies est un réel défi que lui lance la nature. Il a su en faire une force et une identité mondialement reconnue.

 

Envie d’en apprendre davantage sur le terroir de Champagne ? Venez vous émerveiller à l’occasion d’un séjour à la découverte des coteaux de Champagne classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2015 !

 

Crédit photos ©Acolyance Vigne, ©Cédric Roblet et ©Emmanuel Goulet

 

Le gel, ami ou ennemi du champagne ?

 

Le gel,

 

ami ou ennemi du champagne ?

 

 

 

Episodes de gels dévastateurs au printemps 2017, grand froid à l’hiver 2017-2018… Quels sont les impacts directs de ces aléas climatiques sur les vignes ?

La période hivernale – d’octobre à fin mars – qu’on appelle aussi « dormance » est une étape fondamentale pour la vigne : cette dernière hiberne et reprend des forces. Au cours de cet épisode saisonnier, la vigne est soumise à toute une série de variations de températures.

Que se passe-t-il pour la vigne lorsqu’il fait froid ? En toute logique, le froid protège la vigne des insectes nuisibles qui ne résisteront pas à des températures peu chaleureuses (et c’est tant mieux). De manière plus globale, le froid favorise l’assainissement des sols. En revanche, si les températures descendent trop bas, les souches des vignes gorgées d’eau par l’hiver risquent d’éclater. Fait étonnant : la vigne ne craint pas la neige. C’est même plutôt bon signe : le froid envoie un message clair à la vigne. Il n’est pas encore temps de se réveiller et encore moins de bourgeonner. Et surtout, la neige hydrate la vigne et les sols.

Quelles conséquences pour le vigneron en cas de grand froid au printemps ? Les tous jeunes bourgeons gèlent, ils ne donnent ni fleurs, ni fruits et la quantité récoltée chute drastiquement. Pour les plus téméraires, il y aura une repousse. Mais sans garantie de la qualité finale du raisin…

De quels moyens disposent les vignerons pour lutter efficacement contre les gelées printanières ? Ils sont nombreux mais pas toujours efficaces et parfois très couteux. Petit tour d’horizon :

Les chaufferettes : le vigneron dispose des grosses bougies dans des sauts ou des petites cuves de fuel le long des vignes pour réchauffer l’air

L’aspersion : les vignes sont aspergées d’eau au moment du gel. Le bourgeon se retrouve enfermé dans une bulle glacée qui ne gèle pas de l’intérieur

Les ventilateurs : postés au-dessus des vignes, ils soufflent de l’air chaud sur les pieds celles-ci / des petites éoliennes viennent brasser de l’air chaud au-dessus des vignes, qui réchauffent les pieds de ces derniers

L’enfumage : le vigneron brûle du bois ou de la paille. Le nuage qui se forme alors empêche les rayons du soleil de venir brûler les bourgeons pris par le gel

L’aspirine : toute dernière découverte, c’est une petite révolution dans le monde viti-vinicole. L’aspirine végétale, issue du saule blanc et de la reine des prés agit comme l’aspirine absorbée par l’homme : vaporisée en amont d’un épisode de gel, elle fluidifie la sève et l’empêche de geler

 

 

Chaufferettes                                                                           Aspersion

  

Ventilateurs                                                                            Enfumage

Aspirine

Avec un printemps 2018 annoncé comme humide et froid, espérons que nos viticulteurs champenois sauront tirer profits de ces outils pour nous livrer un grand millésime !

 

Crédit photos ©OenoSpheres, ©Idealwine, ©L’Est-Eclair+Gremillet, ©Le savais-tu, ©Ouest-France, ©La nouvelle république