La tendance du champagne bio 

 

 

Seulement 2% du vignoble de Champagne est cultivé en agriculture biologique et biodynamique mais chaque année de plus en plus de producteurs, désireux d’élaborer des champagnes révélateurs de la typicité du terroir, se convertissent. Ces précurseurs parmi lesquels nous pouvons citer champagne Fleury ou le passionné Jacques Selosse, creusent le sillon d’une viticulture durable. Les maisons de champagne, inspirées par ce modèle, ne sont d’ailleurs pas en reste et, sentant la tendance du bio, se sont également positionnées sur une viticulture écologique et responsable telles Duval-Leroy, Roederer, Leclerc Briant, Lanson…

 

Le champagne bio, en chiffre ça donne quoi ? 

 

Selon le Comité Champagne, la Champagne a réduit de 15% son empreinte carbone depuis une quinzaine d’années et a divisé par deux le recours aux engrais azotés et aux produits phytosanitaires.

De même, selon l’Agence Bio, la progression des surfaces au label “AB” a bondi de 14% entre 2015 et 2017, et 176 hectares sont en conversion cette année.

Mais la viticulture biologique ne couvre encore que 1,9% des surfaces de la Champagne sur les 34.000 hectares que compte l’appellation.

 

grappe meunier

 

Au fait, comment fait-on du champagne bio ? 

 

Etre certifié en viticulture biologique implique de respecter la réglementation européenne sur la production biologique. Celle-ci interdit notamment l’usage des pesticides de synthèse et d’engrais chimiques.

Dans cette méthode de production, le vigneron s’interdit l’utilisation de produits de synthèse. Il utilise des produits à base de plantes, ou du cuivre et du souffre.

En Champagne, pour pouvoir prétendre commercialiser un vin bio, il faut se projeter sur plusieurs années : aux trois années nécessaires à la conversion (comme pour les autres vignobles), il faut ajouter la durée de vieillissement du champagne soit au minimum 15 mois. Cette durée peut encore s’allonger lorsque le vigneron souhaite assembler des vins de différentes années : chaque vin faisant partie de l’assemblage doit être produit en agriculture biologique pour pouvoir prétendre au label.

 

Et pour la vinification, comment ça se passe ? 

 

Le règlement européen de vinification biologique n°203/2012 est entré en vigueur depuis le 1er août 2012 et se décline en quatre axes :

Tous les ingrédients entrant dans la composition du vin doivent être certifiés bio : les raisins, mais aussi le sucre et le cas échéant les moûts de raisins concentrés ainsi que le vin de réserve. Selon l’origine et la quantité d’ingrédients total utilisées, une mention Agriculture UE/non UE pourra apparaître à côté du label bio européen (par exemple en cas d’utilisation de sucre de canne de pays tropicaux).

La liste des additifs et auxiliaires est une liste positive : seules sont autorisées les substances qui y sont inscrites. Celles-ci doivent provenir de matières premières biologiques si elles sont disponibles.

La teneur en dioxyde de soufre est fonction du type de vin mais aussi de sa teneur en sucre. Pour les vins de Champagne, la limite est de 150 mg/l.

La liste des pratiques œnologiques est une liste négative : elle mentionne les pratiques interdites en vinification bio.

Tout ceci est validé par une certification : “AB” qui assure au consommateur que les règles ont été suivies.

 

 

Pour conclure :

 

Selon Pascal Doquet, Président de l’Association des champagnes biologiques, produire bio ne s’improvise pas. Tout d’abord, les risques de pluies et de maladies sont assez fréquents et ne sont pas à négliger car ils peuvent impacter la récolte. Par ailleurs, il faut avoir une vision économique sur le moyen/long terme car, pour commercialiser son premier champagne certifié “AB”, il faut attendre plus longtemps que pour les vins non effervescents. Les vignerons parlent souvent de six années nécessaires entre le début de la conversion et la commercialisation des premières bouteilles. Cette durée, plus longue que pour les vins non effervescent, s’explique par la durée du vieillissement du champagne qui s’ajoute aux trois années de conversion.

Pour les maisons de Champagne, gourmandes en hectares, le défi réside dans leur capacité à réussir une transition à grande échelle, en acceptant que “certaines années on puisse perdre 10, 20, 30% de la récolte”, explique Jean-Baptiste Lécaillon, chef de cave du champagne Louis Roederer, dans un article du Télégramme daté de décembre de l’année dernière.

Encore confidentiels pour toutes ces raisons, les champagnes bio sont en train de convaincre tous les acteurs de la filière : les vignerons, les maisons de Champagne, les distributeurs et bien sûr le consommateur final !

 

Emilie du Vino Social Club pour OenoSpheres

 

Sources : Champagne Heucq, CIVC, Agence BIOl’Association des Champagnes biologiquesTélégramme

 

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