Le gel,

 

ami ou ennemi du champagne ?

 

 

 

Episodes de gels dévastateurs au printemps 2017, grand froid à l’hiver 2017-2018… Quels sont les impacts directs de ces aléas climatiques sur les vignes ?

La période hivernale – d’octobre à fin mars – qu’on appelle aussi « dormance » est une étape fondamentale pour la vigne : cette dernière hiberne et reprend des forces. Au cours de cet épisode saisonnier, la vigne est soumise à toute une série de variations de températures.

Que se passe-t-il pour la vigne lorsqu’il fait froid ? En toute logique, le froid protège la vigne des insectes nuisibles qui ne résisteront pas à des températures peu chaleureuses (et c’est tant mieux). De manière plus globale, le froid favorise l’assainissement des sols. En revanche, si les températures descendent trop bas, les souches des vignes gorgées d’eau par l’hiver risquent d’éclater. Fait étonnant : la vigne ne craint pas la neige. C’est même plutôt bon signe : le froid envoie un message clair à la vigne. Il n’est pas encore temps de se réveiller et encore moins de bourgeonner. Et surtout, la neige hydrate la vigne et les sols.

Quelles conséquences pour le vigneron en cas de grand froid au printemps ? Les tous jeunes bourgeons gèlent, ils ne donnent ni fleurs, ni fruits et la quantité récoltée chute drastiquement. Pour les plus téméraires, il y aura une repousse. Mais sans garantie de la qualité finale du raisin…

De quels moyens disposent les vignerons pour lutter efficacement contre les gelées printanières ? Ils sont nombreux mais pas toujours efficaces et parfois très couteux. Petit tour d’horizon :

Les chaufferettes : le vigneron dispose des grosses bougies dans des sauts ou des petites cuves de fuel le long des vignes pour réchauffer l’air

L’aspersion : les vignes sont aspergées d’eau au moment du gel. Le bourgeon se retrouve enfermé dans une bulle glacée qui ne gèle pas de l’intérieur

Les ventilateurs : postés au-dessus des vignes, ils soufflent de l’air chaud sur les pieds celles-ci / des petites éoliennes viennent brasser de l’air chaud au-dessus des vignes, qui réchauffent les pieds de ces derniers

L’enfumage : le vigneron brûle du bois ou de la paille. Le nuage qui se forme alors empêche les rayons du soleil de venir brûler les bourgeons pris par le gel

L’aspirine : toute dernière découverte, c’est une petite révolution dans le monde viti-vinicole. L’aspirine végétale, issue du saule blanc et de la reine des prés agit comme l’aspirine absorbée par l’homme : vaporisée en amont d’un épisode de gel, elle fluidifie la sève et l’empêche de geler

 

 

Chaufferettes                                                                           Aspersion

  

Ventilateurs                                                                            Enfumage

Aspirine

Avec un printemps 2018 annoncé comme humide et froid, espérons que nos viticulteurs champenois sauront tirer profits de ces outils pour nous livrer un grand millésime !

 

Crédit photos ©OenoSpheres, ©Idealwine, ©L’Est-Eclair+Gremillet, ©Le savais-tu, ©Ouest-France, ©La nouvelle république

 

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